Mes collègues de la KU Leuven David Martens et Bart Van den Bossche, en collaboration avec leur groupe de recherche MDRN, viennent de publier, auprès de la maison d’édition Les Impressions Nouvelles, l’ouvrage 1947 Almanach littéraire, qui est de a à z dédié à l’année littéraire 1947:
En 1947, la vie littéraire reprend, après une longue guerre, des périodes de dictature et de turbulences politiques qui ont eu un impact considérable sur la production, la diffusion, la réception de la littérature. Mais cette nouvelle vie n’est pas une simple reprise ou continuation, même si les transformations en cours ne sont pas toujours immédiatement visibles.
De l’essentiel qui s’impose tout de suite à l’attention (Gide, Malraux, Malaparte, Mann, Sartre…), de futurs chefs-d’œuvre qui passent inaperçus (Robert Antelme, Primo Levi), des œuvres tombées dans l’oubli, des revues et prix littéraires prestigieux à des curiosa ici redécouvertes, des événements individuels (emprisonnements, retours d’exil, polémiques…) aux grands enjeux sociaux de l’époque (mémoire de la Shoah, péril atomique, début de la guerre froide…), l’objectif de ce livre est de faire revivre dans toute sa diversité une année littéraire dont le présent était très différent de ce qu’en a retenu la postérité.
L’ouvrage se présente comme une coupe histologique dans le continuum de l’actualité littéraire et culturelle d’une année déterminante dans l’histoire de la littérature européenne. Cet almanach abondamment illustré plonge le lecteur, à travers 47 articles, au sein de l’écosystème de l’année 1947, comme si, lecteur à cette époque, il découvrait, au jour le jour, la littérature en train de se faire.
Parmi les 47 articles traitant de l’année 1947, il y a aussi celui que j’ai écrit à propos de Vladimir Nabokov, ou plus précisément à propos de sa fascinante métamorphose d’écrivain russe en écrivain d’expression anglaise. Voici un petit aperçu de “Sirin est mort, longue vie à Nabokov ! Bend Sinister, ou comment Nabokov devient un écrivain américain” (p. 85-92):
« Je suis extrêmement affligé par le descriptif du livre. Avant toute chose, l’idée de dévoiler l’intrigue me semble absurde. Deuxièmement, ce synopsis plat est plein d’erreurs ». En avril 1947, Vladimir Nabokov, fraîchement naturalisé citoyen des États-Unis, subvenant aux besoins de sa famille en tant que respectable lépidoptériste et professeur de russe excentrique, se montre mécontent des épreuves de son premier roman américain.
Nabokov connaît sa valeur. Durant les années trente, il est devenu, sous le nom de plume de Vladimir Sirin, le principal écrivain de la diaspora russe. Cette communauté, son lectorat, qui fleurit tout d’abord à Berlin et ensuite à Paris, s’est complètement désintégrée par le régime nazi et la seconde guerre mondiale. Les derniers vestiges de ses espoirs de poursuivre une carrière d’écrivain dans sa patrie sont réduits à néant par le sinistre virage culturel stalinien qui établit le réalisme socialiste en 1934 comme la seule voie littéraire acceptable. En l’absence de toute scène littéraire soviétique souterraine, la meilleure solution pour continuer à être un écrivain à laquelle songe Nabokov consiste à devenir un écrivain anglophone.“Je suis extrêmement affligé par le descriptif du livre. Avant toute chose, l’idée de dévoiler l’intriure me semble absurde. Deuxièmement, ce synopsis plat est plein d’erreurs ». En avril 1947, Vladimir Nabokov, fraîchement naturalisé citoyen des États-Unis, subvenant aux besoins de sa famille en tant que respectable lépidoptériste et professeur de russe excentrique, est clairement mécontent des épreuves de son premier roman américain.
Bien entendu, Nabokov pratiquait un anglais très fluide bien avant qu’il ne se rende aux États-Unis en 1940. Une série de puéricultrices et de gouvernantes anglaises avaient fait en sorte que le jeune aristocrate russe devienne, pour reprendre ses propres termes, « un enfant trilingue parfaitement normal ». Davantage, il avait soigné son anglais durant ses études à Cambridge. Pourtant, quand il franchit l’océan, les compétences de Nabokov en anglais étaient loin de celles qui avaient conduit Sirin à la notoriété. L’expérience de traduire lui-même en anglais son roman Camera Obscura en 1938 ne l’a pas libéré de ses doutes quant à son anglais. Un an plus tard, anticipant son départ pour un pays anglophone, il sollicite l’aide de locuteurs natifs pour écrire son premier roman en anglais : La vraie vie de Sebastian Knight (The Real Life of Sebastian Knight) – qui traite opportunément d’un écrivain anglais d’origine russe entre deux héritages culturels et linguistiques, « qui demeure finalement inconnu ». Sur le court terme, pas plus l’auto-traduction de Camera Obscura que la tentative d’écrire un roman en anglais ne génèrent l’intérêt d’un éditeur, en dépit des efforts de son agent américain. Nabokov revient donc au russe, mais à contrecœur et pour peu de temps…


Mijn vertaling uit het Russisch van De Manon Lescaut van Tourdeille, een door de beroemde kunsthistoricus Vsevolod Petrov heimelijk onder Stalin geschreven novelle over liefde en oorlog, is zonet verschenen bij Leesmagazijn. Dit is de blurb:
Deze zomer verschijnt bij uitgeverij
Ik lag op een slaapbank, eigenlijk een brits, die in onze verwarmde wagon geïnstalleerd was. Links was er een muur, rechts lag mijn kameraad, Aslamazjan, gedetacheerd aan het militair hospitaal, net als ik. Achter hem lagen twee vrouwelijke artsen, en daarachter Levit, een apotheker. Aan de overzijde stonden dezelfde britsen, waarop ook lichamen lagen.
Onder de titel Minoes, Minnie, Minu en andere katse streken heeft de Internationale Vereniging voor Neerlandistiek in de reeks Lage Landen Studies bij Academia Press een bundel uitgebracht die gewijd is aan de internationale receptie van Annie M.G. Schmidts Minoes.
Ik sluit de bundel af met het artikel “‘De geschiedenis van een opmerkelijke metamorfose’: Minoes als Russische femme fatale” (pp. 171-193), over de Russische gedaante van Minoes. Centraal daarin staat de vraag in hoeverre het feministisch potentieel van Schmidts geesteskind overeind blijft in post-Sovjet-Rusland. Gezien de barbie-achtige make-over die de knullige Minoes van de Russische illustrator kreeg, ligt dat niet zo voor de hand.
This article deals with the Russian translation of the famous children’s book Minoes by Annie M.G. Schmidt. The point of departure is the observation that a recent opinion piece in a Flemish newspaper describes this fairytale as an antidote against the mass production pink princesses pop culture that shapes the female image of young girls. This leads to the central research question: to what extent is the feminist interpretation of Minoes privileged by the translation strategies used to render it into Russian?
Doing Double Dutch is the beautiful title of a freshly published volume, edited by Elke Brems, Orsolya Réthelyi and Ton van Kalmthout, about the international circulation of literature from the Low Countries.
It is an attempt to explain what is so surprising about the international success of the novel by Verhulst and its screen adaptation by Felix van Groeningen. For that, we even had to explain the meaning of the so-called ‘anal triangle’, the geographical area between the Flemish municipalities Reet, Aartselaar and Kontich, to an international scholarly audience.

